The Joinville School

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Dublin Core

Title

The Joinville School

Subject

Periodical

Description

Second of a two-part article on the fencing & gymnastics school at Joinville (Ecole Normale Militaire de Gymnastique et d'Escrime). Finishes where the previous article left off concerning the gymnastics division then details the fencing division's location and facilities, instructors, the system of promotion, and some of the notable accolades by the students.

Creator

Armand Luscifz

Source

l'Ecole de Joinville, La Vie au Grand Air, February 25, 1899, no. 24, pp. 288-289

Date

25 February 1899

Contributor

Boisdon (Photographer) ; La Vie au Grand Air (Publisher)

Rights

© Fencing Arms & Artifacts

Format

27.3 x 34 cm (complete periodical, closed)

Language

French

Type

Text

Identifier

2020.06.004

Text Item Type Metadata

Text

L'ECOLE DE JOINVILLE
ÀLLONS voir maintenant certains de ces exercices, démontrés en partie par nos gravures. Quand je repasse le pont-levis et me dirige vers la piste pédestre et le stade, tout le monde est au travail. Bon nombre d'élèves sont suspendus aux agrès : barres fixes, anneaux et trapèzes, et exécutent des tours qui nécessitent véritablement une rare vigueur et une souplese excessive de la part de l'exécutant.

C'est ainsi qu'à la barre fixe lés adjudants Salini, Borne et Moscovino— ce dernier un lin bôxeurqui a obtenu plus d'un succès en public — se distinguent étonnamment dans une série d'exercices difficiles , tels que : le grand soleil et arrêt brusque en planche en avant; planche en avant, échappement de main en avant, saut de Clavette; planche en dessous prise en voltige, etc. Les sergents Flory, Vidal, Chauveau et Gaucher méritent aussi d'être cités, car ils se sont montrés gymnastes accomplis.

Au grand portique, sous les ordres du lieulenant Taine, — un maître de la canne , arme terible en ses mains, — les hommes passent le portique en vitesse, au pas ou en portant un de leurs semblables sur les bras ou l'épaule , sans qu'aucune anicroche ne survienne; le chemin est cependant étroit, très étroit. D'autres, plus audacieux se dressent sur les mains.

Sur le s'aie, deux sections se livrent, sous la surveillance de deux adjudants et d'un lieutenant, à des exer-cices individuels de baton et de boxe qui leur son t commandés par les moniteurs. Le coup d'oeil est magnifique. Ces exercices terminés, le lieutenant Taine fait exécuterpar une même section une leçon d'ensemble de baton et de boxe ; la vivacité et la régularité employées dans les nombreux mouvements sont merveilleuses.

Pour terminer, les hommes passent sur la piste pédestre, franchissent avec une légèreté et une vélocité serprenantes tous les obstacles et s'en vont à l'assaut des remparts, ou du moins du talus d'es-carpe de ta redoute, sur la ligne de fortification qui réunit la redouté de Gravelle a celle de la Faisanderie.

Ici les quatre sections sont présentés, alignées dans le fossé, n'attendant plus que le coup de sifflet du lieulenant Taine pour s'élancer. Au signal, tout le monde grimpe avec une agilité féline, et la pente raide est gravie en moins d une minute.

A tous les exercices dont nous venons de parler il faut en ajouter d'autres dans lesquels excellent encore nos gymnastes joinvillais, tels que : escrime à la baïonnette, tir, sauls de pied ferme et manoeuvre de la pumpe à incendie. La natation, comme on l'a déjà vu, es' au si du programme poar les deux divisions. Comme marche, nos Joinvillais sont ni plus ni moins qu'extraorginaires. Ils arrivent à couvrir quatorze kilomètres en une heure, et après ce beau fait, sans arrêt, l'assaut des remparts est pour eux chose très naturelle.

Il y a deux mois à peine, en présence du général de Torey, ils ont abattu leurs quatorze kilomètres dans l'heure, fra n chisant les six obstacles d'un mètre de hauteur de la piste de cavalerie du polygone de Vincennes. L'année dernière, à la tin de l'entraînement, les quatre sections fournirent une tertre marche au cours de laquelle dix-huit kilomètres furent avalés en une heure 19 minutes, et bien digérés. Le 19 décembre 1886, la division de gymnastique ayant pris part à une fête donnée à l'Hippodrome par l'Association des gymnastes de France, les hommes, bien que fatigués de la soirée, parcoururent au retour, en moins de trois quarts d'heure, la longue distance qui séparait l'Hippodrome de la gare de la Bastille.

Avec de tels hommes on peut aller loin!

Division d'Escrime.
Nous sommes ici au camp de Saint-Maur, l'entrée de l'Ecole donne sur la r iule de l'entraînement qui, longe le champ du polygone.

Un vaste terrain rectangulaire sur lequel sont alignées,en deux rangées de vingt, une quarantaine de maisonnettes semblables et de batisse simple, placées côte à côte, représentent les locaux de la division d'escrime, avec, au fond, vers le bois de Vincennnes, la résidence du commandant de l'Ecole.

Dans une dizaine de ces maisonnettes sont agencées les salles réservées à l'instruction. Ces salles, dites « salles d'escrime », offrent toutes les commo dités voulues pour la bonne exécution des leçons et démonstrations inhérentes au noble et subtil jeu des armes. Sept à huit pistes de linoleum partagent le plancher de chacune de ces salles, et je vou prie de croire qu'elles sont rarement inoccupees. Les autres maisonnettes sont réservées à la salle-d'honneur, à l'atelier de soudure, à l'hydrothérapie, aux chambrées, au réfectoire, aux cusines, au lavoir, etc., etc.

La salle d honneur, superbement décorée de trophées et de panoplies composées avec art, laisse loin derrière elle celle de la gymnastique. Dans celle de l'escrime, rien n'a été ménagé pour son embellissement, lequel contribue avec les pistes qui partagent son sol à faire une sage d'armes luxueusement aménagée. Cette salle fut inaugurée en 1887 par le commandant Castex.

Sur les deux murs principaux, au-dessus de gravures, photographies de tireurs militaires connus et de petites panoplies, se font face deux tableaux: l'un, celui de l'honneur; l'autre, ce'ui des anciens maîtres passés par l'Ecole, tels que Hottelet, qui dirige actuellement la salle d'armes du Cercle de l'escrime. Rouleau père, aujourd'hui maître à la salle Mimiague-Rouleau ; Bergès père et Boulanger, oncle du jeune adjudant maitre en ce moment en function à la division. Qu'iI beau quatuor formaient ces hommes, admirables démonstrateurs et tireurs que leurs élèves avaient surnommés « les Quatre Mousquetaires »! En plus des qua ités qu'ils montrèrent, Hottelet, Rouleau, Bergès et Boulanger collaborèrent à la confection du manuel d'escrime appliqué à l'Ecole.

A côté de ces noms célèbres à Joinville et dans les annales de l'escrime, sont inscrits ceux d'autres anciens maîtres non moins réputés: Breton, Berrétrot, le professeur actuel de la salle d'armes du Cercle militaire, Calmels, Oudenot, Gabriel, propriétaire aujourd'hui d'une bonne petite salle, Bel, Ramus et Sauze.

Au tableau d'honneur ou des lauréats de fin d'année (janvier 1876) je relève le nom du redoutable maître gaucher, professeur de l'école de l'Escrime française, Rue; ceux de Rossignol, le sergent maître du Cercle militaire, de Rochat, Ferré, Bézy et Pantin, etc., etc., tous escrimeurs au talent souvent apprécié.

En plus de l'office de salle de réception que remplit la salle d'honneur, elle sert aux assauts et démonstrations nécessités par les divers concours voulus à la division. Ces concours sont présidés presque toujours par le Commandant de l'Ecole, assisté des officiers instructeurs et des adjudants maîtres.

A l'atelier de soudure sont faites toutes les réparations des armes : fleurets, épées et sabres abimés par l'usage. Les lames de fleuret cassées — que l'on remplace rarement par des neuves — y sont ressoudées. Ce moyen économique n'est pas des plus pratiques pour le travail, car il transforme les lames, souvent soudées à deux ou trois endroits, en véritables triques.

La salle d'hydrothérapie est d'un sérieux confort; douches de toutes sortes y sont installées.

Les autres salles, affectées aux besoins des élèves, n'ont rien de particulie qui mérite description. Il y a quelques années, sur la demande du capitaine instructeur Debax, une petite scène avait été élevée à l'une des extrémités du réfectoire. Nos escrimeurs Joinvillais y donnèrent quelques représentations désopilantes qui les amusèrent beau coup, et le théâtre, comme ils l'appelaient, fut tout à coup supprimé par ordre supérieur.

En face de la partie médiane de la deuxième rangée de maisonnettes, en un coin pittoresque, est placé le lavoir; un lavoir qu'envierait plus d'une ménagère. Les hommes y nettoient treillis et bourgerons, avec un savoir que jalouseraient pas mal de blanchisseuses.

Le cours d'escrime reçoit se élèves le 5 novembre et les conserve jusqu'au 20 octobre suivant. Les élèves dont la conduite laisse à désirer pendant les premiers temps sont renvoyés à leurs corps, le 15 mars au plus tard.

Aussitôt arrivés à la division, les élèves, de même que ceux de la division de gymnastique, sont répartis par rang de force et d'aptitude dans les salles de travail de chaque section.

Le cours est suivi-par 66 élèves (caporaux, brigadiers ou soldats). L'infanterie de marine envoie aussi, chaque année, une moyenne de 3 hommes par régiment, ce qui fait 24 ou 30 élèves de plus.

Les 21 officiers élèves d'infanterie de ligne, désignes par leurs chefs de corps pour suivre les cours de la gymnastique, pratiquent l'enseignement de la division d'escrime. Enfin, les sous-officiers instructeurs et les hommes de troupe de la Faisanderie s'alignent quatre fois par semaine sur les pistes des Salles d'armes du camp de Saint-Maur.

Les gouvernements étrangers envoient souvent de leurs officiers qui sont chargés de suivre les cours de l'école. Tout récemment, la division d'escrime en possédait deux : les lieutenants Fick, de l'Institut militaire de gymnastique de Stockholm, et Ulrich, instructeur à l'Ecole militaire de gymnastique de Copenhague. Ces deux officiers, grâce à un travail acharné, ont réussi à devenir de brillants tireurs et se sont assimilé complètement la science des armes, en peu de temps.

Tout ce monde plastronne, soit avec les moniteur s choisis à la lin de chaque année parmi les prévôts élèves les plue Capables et gardés à la division, comme instructeurs, pendant la durée d'un nouveau cours, soit avec les chefs de salle choisis aussi à la fin de chaque année parmi les moniteurs les plus capables et suivant tin nouveau cours. C'est à ces derniers que reviennent les places de maitres d'armes militaires devenues vacantes dans l'intervalle de deux concours généraux. Ces concours n'ont pas d'époque fixe, ils se font quand le besoin s'en fait seniir. Tous les 5 ou 6 ans, par exemple.

Les moniteurs d'escrime et les chefs de salle sont nommés par le Ministre, sur la proposition du commandant de l'Ecole, caporaux ou sergents, selon la durée ou le mérite de leurs services. Les moniteurs en excédent de ceux conservés à l'Ecole, retournent à leurs corps ou sont placés dans ceux dépourvus de moniteurs d'escrime. Les sergents chefs de salle vont attendre, à leurs corps, leur désignation comme maîtres d'armes dans les corps de troupes.

Les adjudants, les maîtres, ceux-là, sont au nombre de trois, un par section. Ils font particulièrement travailler les officiers en subsistance à l'Ecole, les officiers de l'Ecole et les chefs de salle.

Les trois adjudants actuellement à la division sont conuns de tous ceux qui s'arionnènt à l'escrime, pour leur force à ce jeu, si difficile à bien apprendre. Lemoine, Haller et Boulanger, sont les noms de ces parfaits tireurs, le succès des assauts publics.

C'est sous la surveillance de ces trois hommes et sous les ordres du capitaine instructeur Debax et du lieutenant Sénat que se perfectionnent, chaque jour, officiers élèves, chefs de salle, moniteurs et élèves.

Pour le cadre meme de la division, les moniteurs font travailler les élèves; les chefs de salle s'occupent des moniteurs, et les adjudants perfee-tiunnent les chefs de salle. Les adjudants s'exercent et s'entraînent entre eux.

A de certaines heures de la journée, en plus de l'escrime au fleuret, celle du sabre est enseignée, ainsi que cella de l'épée de combat. Les officiers élèves de la gymnastique apprennent spécialement l'escrime de la dernière arme, et sa démonstration leur en est faite par les trois adjudants.

Quelques heures par jour sont aussi consacrées à l'étude théorique des différentes escrimes.

Les concours pour l'obtention du brevet de maitre se fout tous les ans, à la fin de chaque cours, et sont passés devant une commission' d'examen de l'école, présidée, cette fois, par le général commandant le département de la Seine, assisté du commandant de l'Ecole, des officiers instructeurs et des adjudants. Prennent part à ce concours : les sergents chefs de salle et les militaires envoyés par les différents corps d'armée, après un concours préparatoire. Quinze ou vingt brevets sont décernés par an.

Les succès obtenus par l'Ecole d'escrime, dans les grands assauts, tournois et fetes d'escrime de toutes sortes, étant chose connue, je me dispenserai de les rappeler tous et n'en cite-rai qu'un seul pour terminer.

En 1891, sur la demande du gouvernement anglais, quatre maîtres d'armes appartenant à l'Ecole lurent envoyés à Londres pour participer à un concours d'escrime donné sous le patronage du duc de Cambridge.

Les quatre hommes désignés fu-rent Berrétrot, Sauze, Rochat et Lemoine, dont j'ai déjà parlé. Inutile de dire qu'ils revinrent cous erts de lauriers.

Le duc de Cambridge, émerveillé de leur talent et de la belle attitude qu'ils gardèrent pendant toute la durée de leur séjour en Angleterre, chargea notre attaché militaire de leur transmettre toutes ses félicitations.

Que ces succès et les autres se renouvellent encore dans l'avenir, aussi bien jour la division dé gymnastique que pour celle de l'escrime, ce sont là mes meilleurs souhails pour la prospérité de l'Ecole.

ARMAND LUSCIFZ.
(Suite eT fin.)

Owner / Custodian

Loaned for digitization by Benjamin Bowles

Digitization Record

Digitized by Benjamin Bowles ; Cataloged by Benjamin Bowles

Collection

Citation

Armand Luscifz, “The Joinville School,” Fencing Arms & Artifacts, accessed February 22, 2024, https://fencingexhibit.com/items/show/130.

Item Relations

Item: The Joinville School dcterms:isPartOf This Item

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